Syrie : Ce que révèle l’accord global conclu entre les FDS et Ahmad al-Charaa
- Adèle Obry
- 13 févr.
- 2 min de lecture

Un accord de cessez-le-feu global a été trouvé entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde, et le gouvernement syrien ce vendredi 30 janvier. Celui-ci prévoit l’intégration des milices et des institutions kurdes à l’Etat syrien. Cet accord vient mettre un terme à l'offensive lancée sur le Rojava par le régime syrien le 6 janvier dernier dans le but de réunifier le pays autour d’un pouvoir central fort.
L’offensive visait à reprendre le contrôle des territoires contrôlés par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, créée durant la guerre à la faveur de l'affaiblissement du pouvoir de Bachar al-Assad. Après avoir repris les quartiers kurdes d’Alep, puis les gouvernorats de Raqqa et de Deir-ez-Zor, les forces syriennes et les FDS ont conclu un accord de cessez-le-feu temporaire le 20 janvier, avant de parvenir à un accord global dix jours plus tard.
Sous la pression de la Turquie, un accord similaire avait déjà été signé en mars 2025 par le gouvernement syrien et les FDS, sans que celui-ci ne soit respecté. Erdogan qui a apporté son aide militaire à Damas a salué l’offensive sur la région autonome qu’il qualifie d’”entité terroriste”. Si le retrait des forces kurdes à la frontière turco-syrienne est une bonne nouvelle pour Ankara, cet épisode pourrait néanmoins fragiliser le processus de paix turco-kurde entamé en octobre 2024. La présence militaire turque dans les provinces du Nord-est reste quant à elle à questionner, l'État syrien souhaitant pleinement restaurer sa souveraineté sur ces zones à moyen terme.
Outre le soutien turc, la victoire du pouvoir syrien sur les forces kurdes s’appuie sur l’aide des Américains. Si les Kurdes ont été les principaux alliés des Etats-Unis dans la lutte contre l’EI jusqu’à la chute du régime baasiste, Washington reconnaît désormais Ahmad al-Chaara comme interlocuteur privilégié. L’émissaire américain en Syrie Thomas Barrack a qualifié l’accord de “tournant historique”, reconnaissant la souveraineté du nouveau régime sur le Nord-est du pays, tout en saluant le décret publié par d’Ahmed al-Charaa le 16 janvier. En dépit de la reconnaissance des Kurdes comme formant une “partie fondamentale du peuple syrien” et des droits culturels qu’il accorde, ce décret rejette tout projet fédéraliste. Les Kurdes, qui dénoncent un “lâchage américain”, continuent de réclamer une pleine autonomie politique. L’épineuse question des combattants de l’EI reste également en suspens, pas moins de neuf mille d’entre eux se trouvant encore dans les camps et prisons de la région. Le transfert de la gestion des camps et des prisons au gouvernement syrien prévu par un précédent accord s’est avéré très complexe, de nombreuses évasions ayant été dénoncées par les deux parties qui se rejettent mutuellement la faute.
Cet accord, soutenu par les Etats-Unis, vient mettre un terme aux espoirs d'autonomie des Kurdes et témoigne du renforcement progressif du nouveau régime syrien.





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