JO d’hiver de Milan-Cortina 2026, l’espoir d’un coup d’envoi sans faux départ
- Kim Beard
- 9 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 janv.

J-30 avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, prévue le 6 février 2026, l’Italie entre dans la dernière ligne droite de sa préparation. Mais alors que le relais de la flamme, désormais à mi-parcours, illumine les territoires, l’histoire et le patrimoine du Bel Paese, l’enthousiasme se heurte à certaines réalités : retards de chantiers, surcoûts budgétaires et pressions environnementales assombrissent l’horizon de ces Jeux.
Depuis le 6 décembre 2025, l’arrivée de la flamme olympique à Rome a lancé les festivités. Après quelques relais devant les sites emblématiques de la capitale – du Colisée à la fontaine de Trevi, jusqu’à la Place Saint-Pierre au Vatican – elle a entamé son Grande Viaggio à travers le paysage patrimonial italien, avec pour objectif de visiter les soixante sites inscrits à l’UNESCO. Présente à Naples pour Noël et à Bari pour le Nouvel An, la flamme poursuit maintenant son périple vers Gênes, Parme, Turin et Venise, avant de conclure son aventure à Milan, au stade de San Siro, plus grande enceinte du pays et temple du football italien.
Pourtant, à un mois de l’ouverture, le tableau dressé par plusieurs ONG italiennes engagées pour la transparence des Jeux n’est pas optimiste. Malgré un modèle d’organisation présenté comme vertueux, la facture globale est désormais estimée à plus de 5 milliards d’euros, tandis que certains sites de compétition sont encore en travaux. Les inquiétudes se concentrent notamment autour du parc de Livigno, censé accueillir les épreuves de snowboard et de ski acrobatique, ainsi que sur le PalaItalia, la principale patinoire milanaise. Le président de la Fondation Milan-Cortina, Giovanni Malagò, assure toutefois que le calendrier sera respecté et que tous les sites « seront terminés avant l’événement ».
Au-delà des aspects logistiques, Milan-Cortina 2026 se joue aussi sur le terrain climatique. Ils sont les premiers Jeux d’hiver à être pleinement soumis aux exigences de l’Agenda 2020 et de l’Agenda 2020+5 du CIO, qui visent ensemble à réduire l’empreinte environnementale des Olympiades. Dans le souvenir des JO de Sotchi 2014 et plus récemment de Pékin 2022, où l'entièreté de la neige utilisée était artificielle, Milan-Cortina a misé sur la sobriété : près de 90 % des sites sont existants ou temporaires, et l'organisation entend s’appuyer sur l’héritage olympique de Cortina d’Ampezzo 1956, première édition des Jeux d’hiver en Italie.
Néanmoins, la raréfaction de l’enneigement naturel et le recours nécessaire à l’artificiel questionnent la pérennité même de certaines disciplines. Une réalité d’autant plus préoccupante que l'adaptation du programme sportif des Jeux d’hiver s’avère plus complexe qu’il n’y paraît. En effet, la Charte olympique, dans sa règle 6.2, précise que « seuls les sports qui se pratiquent sur la neige ou la glace sont considérés comme des sports d'hiver ». Élargir le spectre des participants suppose donc non seulement de convaincre le CIO de réviser son propre règlement, mais aussi de surmonter les éventuelles réticences des Fédérations Internationales de sports d’hiver à l’idée d’intégrer des disciplines également praticables en saison estivale.
Du 6 au 22 février 2026, suivis des Jeux paralympiques du 6 au 15 mars, le monde du sport aura les yeux tournés vers Milan-Cortina, mais c’est la France qui suivra cette édition avec une attention particulière. Après 2024, les JO feront leur grand retour dans le pays en 2030, cette fois dans les Alpes françaises. Conscients qu’ils seront les prochains à devoir s’engager sur la piste verte, les organisateurs français y voient une occasion d’observer et d’anticiper les défis à venir pour préparer leur propre édition.
Milan-Cortina semble donc jouer donc une finale avant l’heure. Entre ambitions affichées et contraintes tant logistiques que climatiques, ces Jeux pourraient bien dessiner les contours – ou révéler les limites – de l’olympisme hivernal de demain.





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