La rivalité sino-américaine en Indo-Pacifique : L’essor du “minilatéralisme”

L’ascension de la Chine et la rivalité sino-américaine ont modifié le paysage géopolitique, favorisant la fragmentation et contraignant les États à travers le monde, particulièrement en Indo-Pactifique, à former des coalitions sélectives, capables de réagir avec plus de fermeté que les instances plus larges et soumises au consensus. Parallèlement aux coopérations bilatérales et multilatérales établies, un phénomène de coopération interétatique a retenu l’attention des décideurs : le “minilatéralisme”
En dépit du manque d’une définition consensuelle du “minilatéralisme”, les experts en relations internationales s'accordent toutefois sur trois traits communs : (1) un nombre restreint de participants ; (2) une focalisation sur la résolution d'un ou de quelques problèmes précis ; (3) et un caractère souvent volontaire.
Les coopération minilatérales menées par les États-Unis : vers un instrument de confinement de la Chine.
Les États-Unis dirigent de nombreuses coopérations minilatérales telles que le Dialogue quadrilatéral de sécurité (QUAD), l’Alliance AUKUS, l’Alliance Chip 4, etc. Ces mécanismes réunissent souvent leurs alliés proches et se focalisent sur les domaines technologiques, militaires et défensifs, nécessitant des niveaux élevés de confiance et d’engagement.
Ces coopérations visent à dissuader l'influence chinoise en Indo-Pacifique par des capacités militaires et infrastructurelles. À titre d'exemple, le QUAD regroupant les États-Unis, le Japon, l'Australie et l'Inde, cherche à contrer l'expansion économique et militaire chinoise dans la région, avec pour objectif affiché : “Promouvoir la liberté et la prospérité en Indo-Pacifique tout en contenant le développement de la Chine dans cette zone”. L’alliance AUKUS entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie adopte une approche plus directe en renforçant les capacités militaires, notamment dans les sous-marins nucléaires, la cybersécurité et les technologies de défense avancées.
Communauté de destin partagé : les mécanismes pilotés par la Chine
La Chine rejette ces formes de minilatéralisme sécuritaire et priorise ses concepts de “communauté de destin pour l’humanité” et de “multilatéralisme régional” qui s’opposent aux alliances minilatérales américaines, insistent sur le principe de non-ingérence dans la souveraineté nationale ainsi que la promotion de modèles de développement économique alternatifs.
Pékin s’appuie sur des initiatives multilatérales comme la Nouvelle route de la soie (BRI), la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), et des liens avec d’autres instances régionales comme l’ASEAN pour ancrer son influence. Toutefois, Pékin a aussi recours aux dispositifs minilatéraux comme les BRICS, la Coopération Lancang-Mékong (MLC) pour faire avancer ses objectifs en ralliant le “Sud global”. Faute d'objectifs de sécurité communs, la Chine privilégie des cadres axés sur la gouvernance géoéconomique et financière. Elle dénonce la priorité accordée par l’Occident aux questions de sécurité et mise sur sa puissance économique comme levier de coopération servant à “promouvoir la prospérité régionale”.
Auteur.e : Pham Phuong Anh
Date de publication : 30 septembre 2026
Les sources peuvent être fournies sur demande à l’adresse : negopolisnei@gmail.com
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