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Livres de prière en hébreu

Les notes d'analyse

Le pape Léon XIV en Turquie et au Liban : un premier voyage apostolique sous le signe de la prudence

  • Nicolas Zuvic
  • 9 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 déc. 2025

Le pape Léon XIV et le président de la République libanaise le 30 novembre 2025. Crédit photo : Présidence de la République libanaise 
Le pape Léon XIV et le président de la République libanaise le 30 novembre 2025. Crédit photo : Présidence de la République libanaise 

Du 27 novembre au 2 décembre, le pape Léon XIV effectuait son premier voyage apostolique en Turquie puis au Liban. Le premier déplacement international est fort en symboles et généralement interprété comme une indication des priorités du nouveau pape. 


En Turquie, le pape s’est d’abord plié aux traditionnelles rencontres avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique (à Ankara le 27 novembre). La raison initiale de l’organisation du voyage était toutefois la commémoration des 1700 ans du concile de Nicée (actuelle Iznik). A l’invitation du patriarche orthodoxe Bartholomée, cet événement permit de réunir les représentants des Eglises latines et orientales autour d’une prière commune : le crédo. Cette question du dialogue interreligieux et du respect des minorités religieuses a été au cœur de ses prises de parole, affirmant que « les chrétiens appartiennent pleinement à l’identité turque », référence implicite à la constitution laïque du pays malgré la volonté d’islamisation du pays d’Erdogan. 


Son passage au Liban fut centré sur la nécessité d’œuvrer à la paix, alors qu’Israël continue ses frappes dans le pays et qu’environ 110 personnes seraient décédées malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en novembre 2024. Dès son arrivée, dans un discours à la présidence et adressé aux dirigeants du pays, Léon XIV a insisté sur la nécessité « d’autorités et d’institutions qui reconnaissent que le bien commun est supérieur à celui d’une partie ». Il s’agit là d’une remarque adressée aussi bien à une classe politique qu’au Hezbollah, milice dont le désarmement est au cœur de toutes les discussions diplomatiques. Ce dernier, par la voix de son secrétaire général Naïm Qassem, avait salué la venue du souverain pontife tout en l’appelant à prendre position contre « l’envahisseur » israélien. Interrogé sur ce point dans l’avion rentrant à Rome, le pape a réitéré son appel à la cessation « [des] attaques et [des] hostilités » et à la négociation, tout en précisant que des discussions avaient été entamées avec les parties au conflit.


En creux, c’est un style diplomatique prudent et protecteur qui semble se dessiner. En mobilisant des concepts de droit international (droits humains, liberté religieuse, etc.) sans s’opposer frontalement aux acteurs politiques, Léon XIV cherche à réaffirmer la neutralité et le rôle d’arbitre du Saint-Siège, notamment lorsqu’il précise que son action dans le conflit Hezbollah-Israël n’a pas vocation à être rendue publique. 

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