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Travel ban, ICE, et « prix pour la paix » de la FIFA : Donald Trump va-t-il « gâcher » la Coupe du monde 2026 ? 

  • Yanis Khelifi
  • 12 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 déc. 2025

Donald Trump aux côtés de Gianni Infantino, président de la FIFA, pour la remise du premier « prix de la paix » de la FIFA, lors du tirage au sort de la Coupe du monde, le 5 décembre à Washington. Crédit photo : Daniel Torok/Maison-Blanche
Donald Trump aux côtés de Gianni Infantino, président de la FIFA, pour la remise du premier « prix de la paix » de la FIFA, lors du tirage au sort de la Coupe du monde, le 5 décembre à Washington. Crédit photo : Daniel Torok/Maison-Blanche

Ce vendredi 5 décembre, Donald Trump s’est vu remettre le premier « prix de la paix » de la FIFA, à l’occasion du tirage au sort de la Coupe du monde 2026 à Washington. Un prix qui semble avoir été créé sur mesure pour celui qui briguait le prix Nobel de la paix 2025 et qui compte bien faire de cette Coupe du monde son événement.


Le président de la FIFA, Gianni Infantino, était bien présent à la cérémonie qui avait lieu au Kennedy Center, dans la capitale américaine, pour remettre ce nouveau prix. Il faut dire que le dirigeant de la fédération et Donald Trump ont noué une relation solide depuis quelques mois : les deux hommes se sont rencontrés de nombreuses fois depuis la première visite de G. Infantino au Bureau ovale en 2018. Celui qui défendait la même année que « la politique devait rester en dehors du football » ne tarit pourtant pas d’éloges sur la politique extérieure du président américain. Le président de la FIFA se trouvait aux côtés de Donald Trump en Égypte pour le sommet pour la paix à Gaza où il vantait « le rôle fondamental et crucial de Donald Trump dans ce processus » sans qui « il n’y aurait pas de paix ». Cette "bromance" s’est concrétisée par la remise de ce prix de consolation au président américain. L’attitude de G. Infantino lui vaut des critiques : l’ONG FairSquare a même déposé une plainte contre le patron de la fédération pour avoir bafoué « la neutralité politique de la FIFA » inscrite dans les statuts.


De son côté, Donald Trump compte bien faire de la Coupe du monde une vitrine pour ses idées. Sa politique d’immigration ferme sera mise en avant lors de cette coupe du monde : l’administration Trump a déjà affirmé que les supporters haïtiens et iraniens ne seront pas autorisés à se déplacer aux Etats-Unis pour assister à la Coupe du Monde. Le Congo et l’Irak, qui joueront les barrages qualificatifs, pourraient connaître le même sort en cas de qualification, les deux pays faisant également partie de la liste des nations concernées par le « travel ban » décidé par D. Trump en juin 2025. 


De plus, le contexte de surveillance autour du service de l’immigration américain, la ICE, inquiète. La Maison blanche n’a pas exclu la possibilité de raids de la police d’immigration dans les stades pour la Coupe du monde. Ce ne serait pas une première : des arrestations de la ICE ont déjà eu lieu dans ce type d’événements sportifs, les derniers cas remontant à la finale de la Coupe du monde des clubs le 13 juillet dans le New Jersey. Diverses ONG, dont Amnesty International, alertent sur le risque de dérives en matière d’immigration, rappelant « qu’assister à un match de football ne devrait jamais entraîner une détention arbitraire ou une expulsion ».


Le silence de la FIFA interroge. Plus de 90 organisations ont demandé de prendre en compte leur crainte concernant la politique migratoire américaine pour cette Coupe du monde dans une lettre adressée à la FIFA cet été : un appel resté sans réponse. La FIFA n’a pour l’instant pris aucune mesure coercitive qui garantirait que cette Coupe du monde puisse se faire avec tous les citoyens du monde. 


Le football mondial pourrait bien voir sa compétition phare être récupérée par le président américain. Une Coupe du monde où les enjeux d’immigration seront au centre de l’attention, entre interdictions arbitraires pour les supporters de tout un pays et services de l’immigration dans les stades. Cette gestion bafouerait les principes historiques d’inclusivité, de diversité et de liesse de la Coupe du monde, le tout dans le silence assourdissant de l’instance dirigeante du football. La compétition démarrera le 11 juin 2026 à Mexico : on en aurait presque oublié que les Etats-Unis ne sont pas les seuls organisateurs de cet événement. 

6 commentaires


Jeanne Piron
Jeanne Piron
14 déc. 2025

Très bon article !

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enea bourgeaux
enea bourgeaux
12 déc. 2025

Très bon article ! Ce dernier offre une perspective intéressante sur le monde du sport et la politique américaine. Espérons que le football restera un moment de partage !

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laurentofferle
12 déc. 2025

Ah Trump … on est jamais à l’abri d’une énième absurdité avec lui …!🙄

Modifié
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Margo Lagadu
Margo Lagadu
12 déc. 2025

Super article qui fait beaucoup réflechir...

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busselezl
12 déc. 2025

Super article bravo ! La récupération politique du sport… à méditer

Modifié
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